Le poids de la couleur rose

 

Toujours difficile pré-adolescence

Octobre rose. Il m’a semblé que c’était un jour approprié pour vous parler de ce petit roman jeunesse, Le poids de la couleur rose.

Vous souvenez-vous de cette période un peu compliquée durant laquelle on n’est plus tout à fait un enfant mais pas réellement un adolescent ?
Les copines qui ne parlent plus que de garçons, et nous qui ne savons pas trop si on les aime ou les déteste.
Ce moment où le corps change et on ne sait plus très bien quoi en faire. On ne sait pas trop si on les aime ces boules sous notre T-shirt, qu’on les veut plus grosses en fourrant du papier dans le soutien-gorge ou si on voudrait qu’elles disparaissent.
Surtout que ces seins font subitement l’objet de toutes les attentions. Celles de certains garçons qui confondent humour et agression mais aussi celles des parents qui vous regardent avec des yeux brillants de fierté et qui ne font que nous mortifier.

On l’a tous connu cette période difficile. Et pourtant, elle reste compliquée pour nos pré-ados.
Ce roman les aidera sûrement à se sentir mieux, compris, à ouvrir le dialogue.
Car Rosalie leur ressemble, elle traverse les mêmes épreuves, se trompe, vit des choses inacceptables mais en ressort grandie.

En classe (CM2-6ème), il pourrait être à l’origine de beaux débats. Que pensez-vous de l’attitude de Lambert ? Des sifflements dans la rue ? Rosalie a-t-elle raison de mettre tous les garçons dans le même panier ?
Sous des airs un peu légers, le roman aborde de nombreux thèmes essentiels : la féminité, le consentement, le harcèlement sexuel, l’intimité…
Il rappelle combien le dialogue est important, qu’il ne faut jamais se murer dans le silence.

J’ai beaucoup aimé la relation entre Rosalie et sa mère - une femme qui ne baisse pas la tête mais ne juge jamais à l’emporte-pièce.

Oui, il est toujours un peu lourd à porter ce rose mais c’est avec ce genre de romans qu’on ouvrira le dialogue et qu’on continuera le combat engagé par d’autres bien avant nous.

À découvrir dès 11 ans.

 

Le poids de la couleur rose, c'est celui de la féminité et de tout de ce que la société associe à ce concept. À peine sorties de l'enfance, les jeunes filles ploient sous cette pesanteur et ces codes souvent plus schizophrènes et liberticides qu'épanouissants.

Alors que Rosalie traverse le parc, elle se fait aborder par 3 garçons. La rencontre tourne vite au harcèlement à caractère sexuel. Ça va la marquer profondément à un moment où son corps est en train de changer sans qu'elle maîtrise quoi que ce soit. En fait, tout dans sa vie commence à changer : sa meilleure amie Anna qui ne parle plus que de garçons, la pression des adultes qui l'entourent, sa poitrine qui se développe et tout ce qui va avec. Pour Rosalie, c'est difficile à accepter, elle n'est pas prête à subir tout ce qu'impliquent ces changements, l'entrée dans l'ado- lescence (encore moins dans le corps d'une femme).
Ce roman raconte les petites étapes de cette transition, celles qui sont douces et agréables, comme la rencontre avec Mattéo, et celles qui sont plus effrayantes et intimidantes, comme l'achat d'un premier soutien-gorge, ou la fuite face aux trois garçons qui la harcèlent.

 

Le poids de la couleur rose, Nathalie Lagacé
Éditions Alice jeunesse
114 pages
12 €
ISBN 978-2874264658

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